La prochaine grande décision européenne sur l’exploration spatiale a désormais une échéance : les États membres de l’Agence spatiale européenne se réuniront au niveau ministériel en Italie, en décembre 2026. Lors de la 347e réunion du Conseil, tenue au siège de l’ESA à Paris les 16 et 17 juin, ils ont aussi autorisé l’ouverture des négociations autour de la mission EPIC et prolongé plusieurs programmes et coopérations. Le replay de la session d’information destinée aux médias de l’ESA présente Josef Aschbacher et Renato Krpoun détaillant les principaux résultats.

Le rendez-vous de décembre ne validera pas une feuille de route déjà écrite. Il doit servir à définir l’orientation européenne de l’exploration pour les années à venir, tandis que les priorités et les engagements précis seront arrêtés ultérieurement. Pour les États membres comme pour les partenaires industriels et internationaux, l’enjeu immédiat est donc le calendrier de décision : le cadre politique se rapproche, mais son contenu reste à négocier.

EPIC passe de l’approbation du concept aux négociations

Après l’approbation de son concept en mars, EPIC franchit une nouvelle étape. Les États membres ont autorisé l’ESA à négocier avec des partenaires et des fournisseurs potentiels, selon le résultats publiés par le Conseil. La mission est conçue pour durer un mois et accueillir des astronautes professionnels, avec des possibilités de vol pour des astronautes de l’ESA et d’organisations partenaires internationales.

Cette autorisation permet désormais de discuter concrètement des partenariats et des modalités d’approvisionnement. Elle ne vaut toutefois ni sélection définitive des partenaires ni confirmation d’un plan de vol. Ces deux éléments dépendront des négociations que l’agence est maintenant habilitée à conduire.

Une transition se prépare à la direction de l’agence

La réunion de juin a également marqué la dernière présidence de Renato Krpoun au niveau des délégués. Juan Carlos Cortés devait lui succéder à partir du 1er juillet 2026, date à laquelle Christine Klein devait aussi prendre ses fonctions de directrice du contrôle opérationnel, des finances et des achats.

Un autre changement est prévu au début de 2027 : Jean-Luc Trullemans a été nommé directeur de la stratégie, des affaires juridiques et des affaires extérieures, avec une prise de fonctions fixée au 1er janvier. Ces nominations établissent le calendrier de transition de l’ESA alors que le Conseil prépare la réunion ministérielle consacrée à l’exploration.

La Grèce prolonge son programme national de satellites

Le programme national de satellites de la Grèce soutenu par l’ESA a été prolongé jusqu’en 2031. L’avenant prévoit 361 millions d’euros supplémentaires pour soutenir de nouvelles activités nationales dans l’observation de la Terre, les télécommunications et la connaissance de la situation spatiale.

La décision donne à ces domaines un horizon de financement plus long. Elle ne détaille cependant ni les missions individuelles ni leurs dates de livraison, et n’annonce pas de projet satellitaire nommé. Le changement porte donc sur la durée et les moyens du cadre grec soutenu par l’ESA, pas sur un calendrier de missions déjà rendu public.

Des coopérations élargies dans l’agriculture et l’exploration

L’ESA a par ailleurs prolongé de cinq ans, jusqu’en 2031, sa coopération avec l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture. Le partenariat doit soutenir les systèmes alimentaires, l’agriculture et la prise de décision associée grâce aux données d’observation de la Terre. Il relie ainsi les capacités satellitaires de l’agence à des besoins politiques et opérationnels dans ces secteurs.

L’accord de coopération entre l’ESA et l’ISRO a lui aussi été prolongé et modifié, jusqu’en janvier 2032. Son champ révisé inclut l’exploration humaine et robotique, la météorologie spatiale et la durabilité des activités spatiales. Les travaux consacrés aux sciences spatiales, à l’observation de la Terre et aux opérations sont maintenus.

Cette extension élargit les domaines couverts par la coopération ESA–ISRO, sans annoncer de projet individuel ni de calendrier associé. Elle fixe un cadre de collaboration plus long, mais les résultats concrets dépendront des décisions prises dans ce cadre.

Un rapport sur la sécurité spatiale sera publié

Le Conseil a également pris connaissance d’un rapport consacré à la sécurité spatiale et approuvé sa publication. Le document doit venir compléter les résultats publics de la réunion, aux côtés de la prochaine revue ministérielle de l’exploration.

À court terme, les décisions de juin fixent surtout des étapes. La politique européenne de l’exploration dispose d’une date de rendez-vous en décembre, EPIC peut engager des discussions avec ses partenaires et ses fournisseurs potentiels, et plusieurs programmes bénéficient d’un horizon prolongé. En revanche, les priorités ministérielles, les partenaires définitifs et le plan de vol d’EPIC restent à déterminer.

Sources officielles